
L'agnelage est le moment le plus intense de notre année. Pendant plusieurs semaines, la bergerie ne dort jamais vraiment : nous nous relayons toutes les trois heures, lampe frontale sur la tête, pour surveiller les brebis qui s'isolent dans un coin de la paille.
Une naissance, un quart d'heure
Une brebis expérimentée met bas seule en quinze minutes, et le mieux que nous ayons à faire est souvent de ne rien faire. Nous n'intervenons que pour les primipares, celles qui agnèlent pour la première fois, et pour les jumeaux mal engagés.
Trois gestes seulement, toujours les mêmes :
- vérifier que l'agneau respire et que sa mère le lèche
- désinfecter le cordon
- s'assurer qu'il a tété dans l'heure
Le premier colostrum, c'est toute l'immunité de l'agneau pour les mois à venir. On ne transige pas là-dessus.
La brebis et ses agneaux passent ensuite deux jours en case individuelle, le temps que le lien se fasse et que chacun reconnaisse la voix de l'autre. Puis ils repartent au troupeau, et c'est là que commence le vrai spectacle : les agneaux se regroupent en bandes, courent d'un bout à l'autre du paddock et reviennent téter en criant.
La tonte, juste après
Dès les premières chaleurs, nous sortons la tondeuse. Une brebis passe de sa toison entière à sa peau nue en moins de trois minutes, et c'est probablement le geste le plus impressionnant de la saison pour qui ne l'a jamais vu.
La tonte n'est pas une coquetterie : une brebis qui garde sa laine en été souffre de la chaleur et attire les mouches. C'est un soin, au même titre que le parage des onglons.
Venir voir les agneaux
À partir de la mi-mars, les premiers agneaux sont assez solides pour sortir, et vous les croiserez au fil du parcours. Ils sont curieux, ils viennent d'eux-mêmes, et c'est souvent le moment que les enfants retiennent d'une visite à notre ferme pédagogique en Normandie.
Pour préparer votre venue, tout est expliqué sur la page visiter la ferme à Camembert : horaires, tarifs, accès et déroulé du parcours. Vous pouvez aussi aller à la rencontre de nos onze animaux du parcours avant de venir, pour savoir qui vous attend.
À lire aussi
- Meg, la border collie qui rassemble nos 700 brebisSur le parcours, vous la croiserez peut-être au travail : Meg, notre chienne de troupeau, déplace les brebis d'une prairie à l'autre toute l'année.
- Poules, oies, canards : qui est qui dans la basse-courCinq espèces se partagent la basse-cour et la volière du parcours. Voici comment les reconnaître, et ce qu'elles mangent quand vous leur tendez la main.
- Trois mots d'éleveur : pâturage tournant, agroforesterie, conversion bioPâturage tournant, agroforesterie, conversion bio : ce que ces trois mots changent concrètement pour nos 700 brebis et nos prairies de Camembert.